Je ne suis pas américain

Je ne suis pas américain, donc je ne vote ni pour #Trump, ni pour #Clinton, mais la malhonnêteté intellectuelle des #médias de mon pays me met toujours en colère.

L’émission #Forum sur la #RTS du 10 août 2016.

Pendant qu’un « spécialiste » invité au fort accent québécois, tout en disant que Trump ne va pas être élu, a essayé péniblement de mettre quelques doutes sur les « informations » déformées sur l’arme nucléaire diffusées sur la quasi-totalité des médias du monde, les gentils « journalistes » continuent de le remettre dans le droit chemin. « De tels propos ne peuvent pas être propagés par un futur président des USA ».

Premièrement, les « journalistes » de la RTS doivent prendre quelques cours d’anglais, puis chercher les enregistrements originaux des propos du candidat Trump, pas ceux tronqués et TRÈS largement diffusés dans les médias.

Car la phrase qu’il a répété trois fois, pourquoi dépenser les milliards pour les armes nucléaires si on ne peut pas s’en servir » pourrait bien dire « Il est inutile de dépenser les milliards pour créer de telles armes. Mais cela ne va pas plaire aux personnes très importantes, celles qui les fabriquent.

Alors Mesdames et Messieurs les « journalistes ». Cette pensée ne vous a jamais traversé la tête ?

Aucune envie de vérifier les informations avant de les diffuser en mode perroquet ?

Il me vient à l’esprit cette belle phrase qui n’est pas de moi, mais d’Alain de Benoist : « Les journalistes ne sont pas les victimes de la censure, mais les vecteurs »
Diaboliser l’un, pour pratiquer l’omerta sur l’autre, voilà le but recherché par certains et c’est vous qui en êtes les vecteurs.

Marek Mogilewicz

« Il nous faut s’habituer à vivre avec le terrorisme » – JAMAIS !

Les dernières semaines ont été marquées par une série des actes innommables. Les barbaries de toutes sortes ont endeuillé milliers des personnes de par le monde. Je suis resté silencieux en signe de deuil et par respect envers les victimes. Bagdad, Istanbul, Nice, sans oublier l’ouest ukrainien où le terrorisme d’État sur la population civile s’exerce impunément, loin des caméras occidentales dirigées, comme d’habitude, sur ce qu’elles veulent nous montrer. Ceci ne s’arrête pas et avant même de finir d’écrire ces lignes d’autres victimes innocentes sont tombées en Allemagne et ailleurs. Faut-il donc se résoudre à la fameuse phrase de celui qui exerce la fonction du premier ministre d’un grand pays voisin : il nous faut s’habituer à vivre avec le terrorisme.
Ma réponse, bien qu’elle puisse paraître facile, ou comme diraient certains, « populiste » est simple : NON !

Elle est d’autant plus ferme que cette phrase abominable est sortie de la bouche de celui qui est censé précisément de veuillez au bien-être de ses citoyens et par conséquent de leur sécurité.
J’entends déjà les voix qui s’élèvent pour nous annoncer avec cette hypocrisie coupable, mais on ne peut pas sécuriser un pays tout entier, voir le Monde. Le terrorisme frappe de manière imprévisible, avec les moyens les plus divers, là où on ne s’attend pas.
Quelle kyrielle de balivernes !

Il n’est pas facile de lutter contre le terrorisme, mais il est criminel de mener une politique qui est à l’origine du terrorisme, il est criminel de ne pas intervenir sur les flux financiers du terrorisme, il est criminel de mettre en jeu les vies des victimes innocentes par les arrangements immoraux, par les alliances avec les pays dirigés par les régimes de puanteur nauséabonde, par la participation à des actes hostiles envers les pays dont le seul tort est de ne pas se soumettre au dictat de la superpuissance militaro financière qui veut dominer le Monde.
Ce n’est sont pas les généralités vident de sens. Pour leur donner de la consistance, je pose quelques questions. Si vous trouvez les réponses, vous avez déjà une partie de la solution de la lutte contre le terrorisme :

1. Comment justifier la Légion d’honneur attribuée au dirigeant d’un pays qui est actuellement en guerre contre le Yémen et qui commets là-bas des atrocités indescriptibles, qui est cité, comme une des premières sources du financement de terrorisme et où les droits de l’homme et encore plus fortement les droits des femmes sont au stade de l’inexistence la plus totale ?

2. Comment justifier l’appartenance à une alliance militaire, dont le but avoué est de nuire à la Russie d’aujourd’hui, le pays qui est actuellement le principal détracteur de terrorisme islamiste et en particulier de l’abominable organisation DAESH. DAESH qui revendique, à tort ou à raison la grande partie des attentats terroristes dans le Monde ?

3. Comment justifier l’État de siège quasiment permanent qui a eu pour effet visible surtout de bafouer les libertés fondamentales des citoyens et de briser les mouvements de contestation sociale, mais dont les effets de lutte contre le terrorisme sont quasiment nuls. L’exemple de Nice en est une preuve tragique ?
La liste peut-être interminable, mais les réponses sont accablantes. Alors, citoyens de tous les pays, demander les comptes à vos dirigeants avant de sombrer dans les prochains attentats.

Marek Mogilewicznice_fleurs

Les gloussements de Glucksmann, c’est terminé !

Êtes-vous choqués par mes propos ? Vous avez raison. Mais j’utilise mon droit le plus strict de la liberté d’expression. Selon les grands spécialistes du genre, il n’y a que les cons qui ne savent pas rire de tout. Si mes propos vous ont choqués, c’est que selon Charlie Hebdo vous faites partie des cons. Eux ils savent ce que le dessin humoristique veut dire. Ils rient de 224 victimes de l’avion russe tombé dans le Sinaï. Et vous avez été très nombreux à me reprocher d’avoir écrit à l’époque que je ne suis pas Charlie. Heureusement d’autres m’ont suivi après et la petite affirmation que je croyais inventer à l’époque est devenue un « hashtag » #JeNeSuisPasCharlie. Alors, si me propos vous ont offensés, pensez aux familles de toutes les victimes innocentes de ce drame et à l’ignominie de ce torchon qui sous le couvert de l’humour distille une haine sans discernement, la haine du genre humain.

Mais que fait Glucksmann dans tout ça. Bien, je suis tout à fait sincère dans mes sentiments. J’ai rarement vu un type changer d’idéologie plus vite que de chemises. Du Maoïsme vers Sarkozisme, quelle fougue ! Tout le monde peut se tromper diriez-vous. Oui, mais sa vie n’était qu’une suite de tromperies. Même il n’y a pas longtemps, au sujet d’Ukraine, sa hargne contre la Russie et les combattants pour la liberté de l’est ukrainien était si forte… mais juste au hasard… y a-t-il au moins un journaliste honnête qui a fait une analyse des flux financiers de son fils ? Cette question pourrait donner quelques réponses. Fin de gloussement.  #JeNeSuisPasCharlie

Zaur – récit

Le cinq août 2015, je suis dans un bus non climatisé parcourant des nombreux kilomètres à travers la Bourgogne. Je participe, avec mon épouse Larisa, au festival de la culture russe et caucasienne, « Les mosaïques de l’Est ». Il fait très chaud et le temps des parcours est interminable. Nous voyageons en compagnie de l’ensemble de danse « Les Alains de Vladikavkaz ». Ces jeunes danseurs sont merveilleux et apportent une magnifique énergie de danses traditionnelles du Caucase à chaque représentation. Il y a avec nous également un petit groupe des victimes de la tragédie de Beslan. Parmi eux, deux jeunes gens qui avaient à l’époque onze ans et que j’ai connus lors du projet humanitaire que j’ai organisé après la tragédie pour un groupe d’enfants en Suisse.

Ce petit groupe de personnes est sous la responsabilité de Susanna Dudieva. Nous venons de nous rencontrer il y a trois jours pour la première fois, mais nous entretenions déjà une relation épistolaire avec Susanna depuis pas mal de temps. Elle est très connue en Ossétie et même au-delà, car elle est la présidente de l’association de « Mères de Beslan », regroupant les mères ayant perdu leurs enfants lors de l’attaque terroriste de l’école numéro 1 en septembre 2004.

Susanna a perdu lors de cette terrible prise d’otages son fils, Zaur qui avait quatorze ans et sa fille Zarina, aujourd’hui adulte y était blessée.

Je suis en avant du bus et je profite du long trajet pour échanger avec Susanna. Elle me parle de la douleur que l’absence de son fils provoque toujours en elle, de questions qui restent toujours sans réponse pour comprendre les aspects sombres de cette tragédie où plus de 360 personnes sont mortes, dont plus de la moitié étaient les enfants. Je me remémore mon arrivée sur le lieu de la tragédie peu après et le choc que j’ai ressenti rien qu’en voyant les décombres de la salle de gymnastique où plus de 1200 personnes étaient accroupies sous les bombes. Je lui parle de mon projet et de toutes les personnes de bonne volonté que j’ai pu réunir autour de cette expérience qui reste à jamais gravée dans mon cœur. Puis, soudain elle m’interrompt et me raconte un rêve étrange qu’elle a fait il y a quelque temps.

Elle a vu dans ce rêve son fils Zaur, mais il était grand, très grand, plus grand que les hommes. Il était accompagné par d’autres personnages, tous aussi grands que lui. Ils avaient l’air étrange. Ils passaient devant Susanna sans la regarder, comme s’ils avaient un but précis. Elle a appelé son fils par son prénom, Zaur, Zaur. Mais il ne réagissait pas. Alors elle a voulu s’en approcher, le prendre dans ses bras.

Il a fait un geste en levant sa main pour la stopper et avec une voix très étrange, une voix non humaine, mais totalement surnaturelle lui dit : je ne suis pas Zaur, je suis Lazare. Puis, devant l’insistance de sa mère il répète, je ne suis pas Zaur, je suis Lazare.

Les personnages s’éloignent et Susanna reste dans une émotion étrange, sûre d’avoir reconnu les traits de son fils et ne pouvons pas s’approcher de lui. Plus tard, elle comprend un peu le sens de ce nom, Lazare, le premier ressuscité selon la tradition évangélique.

Je suis saisi par le récit de Susanna et il ne me quitte plus de la journée.

Le lendemain, le six août, c’est le dernier jour du festival. Nous avons un peu de temps libre et le groupe s’est dispersé pour effectuer quelques improbables achats dans la petite localité d’Avallon. Nous habitions dans le foyer du Lycée Jeanne d’Arc, juste à côté de l’office de tourisme.

Le programme très chargé du festival ne nous a pas permis de visiter la ville. En garant notre voiture sur le parking attenant, Larisa aperçoit le portail de la Collégiale grand ouvert. Elle émet le souhait de la visiter. C’est tellement proche du lieu où nous habitons, il faut profiter de l’occasion. Ce que nous fîmes.

Nous entrons dans la Collégiale et admirons son architecture et les différents éléments qui forment un ensemble varié, mais harmonieux. Il y a une belle atmosphère, propice à la prière. Nous nous asseyons un moment, chacun longé dans ses propres pensées.

Larisa doit s’absenter un moment. Je profite de ce temps pour essayer de savoir un peu plus sur cet édifice. Tout naturellement je me dirige vers l’Office de tourisme tout proche.

Je demande une documentation sur la Collégiale. Les personnes présentes ont beaucoup de peine à me renseigner, finalement j’obtiens une photocopie d’une petite brochure.

Mon regard se fige sur le haut de la feuille. Le nom de cette Collégiale est Saint-Lazare !

Comme dans le rêve que Susanna m’a raconté la veille. Ce rêve qu’elle a eu en 2006 déjà et dont le souvenir ne la quitte jamais. Ce rêve qui occupe depuis hier mon esprit.

Je retourne immédiatement dans la Collégiale. A l’entrée j’aperçois la brochure parlant de l’histoire de cette bâtisse disponible en plusieurs langues. Je glisse la monnaie pour plusieurs exemplaires. Pourquoi ne l’avais-je vu avant.

Je retrouve Larisa et lui fais part de ma découverte. Nous devons retrouver Susanna-dis-je.

Susanna était quelque part dans la ville d’Avallon. Nous partions à sa recherche. Après quelque temps nous la retrouvons, elle est avec Lena, une survivante de la tragédie de Beslan et Janna, une psychologue qui accompagne ce groupe.

Sans donner beaucoup d’explications, je dis à Susanna : il faut que tu viennes.

Elle me suit sans poser de questions. Les autres nous accompagnent. En entrant dans l’église, je l’arrête devant le présentoir et lui montre les brochures. Regarde le nom, dis-je. Elle lit Saint-Lazare.

Une grande émotion se lit sur son visage. Nous entrons. Elle se dirige vers la droite. S’arrête devant le Christ sur la croix.

Dans une sorte de prière, elle invoque Dieu et son fils Zaur. Elle semble être dans un état second. Les larmes et les mots se mêlent. Elle est persuadée qu’une main invisible nous a guidé vers ce lieu.

Nous passons devant toutes les chapelles, toutes les sculptures. Susanna ne cesse de parler avec son fils, Dieu et ce Lazare mystérieux. Cela dure longtemps.

Nous arrivons enfin dans la chapelle à droite de l’autel principal. Il y a la une sculpture de Christ. Sa main porte les stigmates de la crucifixion, son cœur est apparent. La petite lumière rouge symbolise la présence de Dieu et les lumières bleutées ajoutent une atmosphère propice au recueillement.

Les pleurs et invocations de Susanna deviennent de plus en plus forts. Janna, qui nous accompagne pleure aussi, car elle a perdu récemment deux êtres chers.

Nous sommes tous dans une sorte de situation de catharsis qui nous déchire le cœur et comme chaque fois dans ce genre de situation, je doute sur la pertinence du fait d’avoir contribué à provoquer cette douleur immense qu’exprime la personne à laquelle je voudrai apporter au contraire, au moins un peu de réconfort. Je suis assis à côté de Susanna et je commence à lui chuchoter. Les mots viennent, comme dictés par quelqu’un. Je lui parle de la symbolique de cette représentation du Chris dans la foi catholique, du cœur ouvert vers nous, de notre cœur qui peut accueillir Dieu, mais aussi le souvenir de ceux qui nous ont quittés et qui restent si chers. Je ne sais pas si elle m’entend ou si je parle à moi-même, mais ses pleurs se calment petit à petit.

Je me dirige vers la neuf centrale, m’agenouille brièvement devant l’autel, comme dans mon enfance, en Pologne, puis je me lève.

Je sais que maintenant je dois chanter, comme dans beaucoup d’autres églises auparavant. Ce don qui est en moi que je dois partager avec tous. C’étaient les paroles maintes fois répétées de ma très chère Basia, mon professeur de chant au conservatoire de Genève.

Alors, comme il y a deux jours à Clamecy, je chante l’air de Requiem de Fauré. Cette musique qui ne me quitte jamais depuis mes années d’études et ces mots qui ont pris un sens tout particulier depuis ma rencontre avec Susanna : Libera me, Domine, de morte aeterna…

Ma voix retentit dans l’église, nous ignorons qui est là. C’est une sorte de prière adressée directement vers le plus haut, mais c’est aussi un acte pour cette mère qui se sent si proche de son enfant et pourtant dans l’impossibilité d’être avec lui.

Susanna qui m’a suivi, demande à Lena d’aller chercher à notre logement, très proche une nappe brodée qu’elle a emmenée depuis l’Ossétie. La veille elle en a offert une à Larisa. Elle a demandé de choisir, car elle en avait deux de dimensions différentes. Larisa a choisi la plus petite.

Après quelques minutes Lena arrive avec la nappe. Susanna me dit : « je voudrais offrir cette nappe à cette église, je sens que c’est Zaur qui m’a guidé vers cet endroit, je le sens près de moi ». Je l’invite à déposer la nappe sur l’autel, c’est qu’elle effectuât.

Nous restons encore un petit moment dans le recueillement, puis nous sortons.

L’heure du repas a déjà passé, mais nous n’avons pas faim. Nous étions tous nourris d’une autre manière.

Il est temps de rejoindre notre groupe et partir pour un dernier spectacle du festival.

En attendant mon entrée sur scène, je regarde les jeunes ossètes danser, je suis persuadé que jamais le terrorisme ne vaincra dans le monde et encore moins dans ce pays de ce peuple valeureux, si durement touché et pourtant si riche en énergie vitale qu’il est venu partager avec nous.

Quand vient notre tour, je demande à Dzerassa, gravement blessée lors de la tragédie de jouer d’un instrument de percussion ossète. Elle le fait avec beaucoup d’émotion. Le rythme marqué de cette musique retentit ici, en France, frappé avec incroyable conviction de celle qui a failli mourir et qui exprime la vie et la force de son peuple.

Je regarde les yeux brillants de Susanna, Lena, Dzerassa, Janna et je vois la vie qui triomphe de la mort.

Elles frappent leurs mains au rythme soutenu de cette magnifique musique.

Les yeux de Susanna suivent les garçons qui dansent avec vigueurs les danses du Caucase. Ils sont beaux, vigoureux, comme aurait été Zaur.

Je regarde ces gens qui me sont devenus si proches qu’ils font partie de mon corps et de mon âme. Leurs blessures sont les miennes, leurs proches morts sont mes proches, leurs larmes coulent de mes yeux.

Je suis le frère de cette mère qui pleure son fils fusillé, je suis le père de cette fille qui regarde le monde avec un œil, car elle a perdu l’autre en frôlant la mort, je suis ce garçon qui est resté en vie grâce à sa grand-mère qui l’a couvert de son corps pour sacrifier sa vie pour que lui, il puisse vivre. Mais lui, il vit avec cette douleur immense dans la poitrine et ce sentiment de culpabilité inexplicable. Je suis le soldat qui avec son corps a fait le bouclier pour sauver une fillette de cinq ans. Je suis cette femme qui vit désormais avec une balle dans ses poumons, je suis ce nouveau-né que la mère enceinte a mis au monde avec un cancer, suite probable de l’angoisse. J’ai soif, j’ai faim, j’ai chaud, comme ceux qui ont souffert durant trois jours de l’attente macabre, sous les bombes des monstres fous, venus semer la terreur dans une école.

Mas c’est à mon tour d’entrer sur scène. Je chante et porté par le rythme marqué par les mains de mes amis ossètes et celui du public je souris. La vie est plus forte, elle vaincra toujours.

Puis vient le temps de se dire au revoir. Nous faisons les photos, nous nous embrassons, nous nous promettons de nous revoir.

Après mon retour en Suisse j’écris brièvement à la paroisse d’Avallon pour dire que la nappe a été offerte par Susanna Dudieva et en expliquant aussi brièvement qui elle est.

Je lis également les textes sur Saint-Lazare. J’apprends que dans la tradition occidentale Saint-Lazare est célébré en Occident le 29 juillet. Il semble être célébré à d’autres dates en Orient. Compte tenu des différences de calendrier, c’est toutefois très proche de dates de l’arrivée de Susanna en France, ainsi que des évènements que je viens de décrire. Coïncidence ?

Après quelques jours je reçois la réponse du curé d’Avallon qui veut remercier Susanna et qui me demande par quel destin nous nous sommes retrouvés dans cette église.

Il me dit que sa mère était russe et qu’il parle russe. Il m’informe également que selon l’évangile, le jour du 6 août est célébré en souvenir de la Transfiguration du Christ. Coïncidences ?

Pensez ce que vous voulez, mais peu importe votre religion ou même l’absence de religion, priez pour Zaur, pour sa mère, pour toutes les victimes de cette immense tragédie et pour toutes les victimes innocentes de toutes les tragédies de ce bas monde.

Le curé d’Avallon va aussi le faire avec ses fidèles.

Marek Mogilewicz

Lien pour la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=hi_MS8wCYFM

Je ne suis pas Charlie

Chers lecteurs,
si vous êtes assez curieux pour entendre une pensée à contre-courant, pour vous faire votre propre opinion sur le monde, si vous avez assez de courage pour ne pas suivre aveuglement le « politiquement correct » du trend de nos médias, si votre sens de l’humanité ne s’arrête pas au coin de votre rue et si à la place de la haine vous croyez en amour – lisez ce texte jusqu’au bout.

Il ne vous donnera pas la réponse toute faite à tout, mais peut-être il vous donnera l’occasion de réfléchir par vous-même, ce qui est déjà beaucoup.

Si par hasard vous êtes journaliste ou dessinateur de presse – alors, lisez-le. C’est quasiment une obligation, car c’est vous qui nous obligez de lire et relire toujours les mêmes phrases sorties tout droit de l’ineptie de votre vision du monde. La seule, l’unique et bornée à votre vue trop courte pour en apercevoir la moindre subtilité en dehors du cadre que vous lui fixez.

Posons donc d’emblée les bases. L’attaque sur le « Charlie-Hebdo » est ignoble et cet article ne remet absolument pas en cause son caractère inacceptable. Comme tout autre acte de terrorisme et comme tout autre acte de violence !

Alors pourquoi ce titre ?

Parce que le soussigné ne peut accepter non plus, le hold-up éhonté commit à cette occasion sur des termes nobles et philosophiquement profonds comme la démocratie, la liberté, la liberté de parole et bien sûr la sacro-sainte liberté de la presse.

En se servant de la vague d’émotion que ce fait a suscité, on mélange joyeusement tous les principes philosophiques fondamentaux. Honteusement on profite d’un fait ignoble pour en cacher d’autres.

Mais de quoi parle-t-il ?

Pour aller vite, je ne vais pas développer ici des grandes considérations philosophiques, mais de souligner certains faits.

Depuis les grands intellectuels parisiens au petit journal de mon village, on a sorti la grande artillerie de la liberté de la presse. Or toute liberté de la parole s’arrête là où commence la dignité de l’autre.

Au nom de cette liberté-là, certains ont commis des crimes, d’autres ont provoqué les guerres et d’autres encore ont semé la haine. Il y a bien donc une limite. La sphère de l’estime de soi, celle de croyance et de spiritualité en fait partie. Il est donc indispensable d’en tenir compte dans vos discours. D’ailleurs, pourquoi dans nos lois nous avons des articles qui condamnent une certaine forme d’expression ? Essayez donc d’écrire ou de dessiner une thèse sur l’inexistence de la Shoa ?

Comprenons-nous bien, je ne suis pas d’écrire cela – c’est un exemple (cette précision est particulièrement destinée aux journalistes).

Je suis à mon tour choqué que même le petit journal de mon village avec l’approbation de la pasteure de ce village a cru bon de reproduire à cette occasion un dessin qui pourrait offenser certains musulmans. Certes, il s’agit d’un des dessins encore « gentil », car il y en avait d’autres, beaucoup plus ignobles. Que diriez-vous, si vous lisiez dans votre hebdomadaire préféré que l’Évangile ou le Talmud « C’est de la merde ». Fin de citation. Oui, précisément ce que les auteurs ont écrit dans Charlie-Hebdo à propos du Coran.

Peu importe que je sois, juif, agnostique, catholique, protestant ou musulman – ceci est inadmissible.

Comprenons-nous bien, ceci ne justifie en rien l’acte terroriste qui a été commis – mais ceci y contribue ! Répandre de la haine n’est pas la solution – c’est précisément le bon prétexte pour ceux qui habilement utilisent la haine de l’autre à aiguiser les conflits et à détruire les principes fondamentaux de notre société.

Je suis choqué que même Madame la Pasteure de mon village cède à cette vague d’hystérie et cautionne la haine envers l’autre, à la place de chercher à trouver un moyen d’apaiser le conflit. Est-ce cela le message du Dieu des chrétiens ?

Où étiez-vous braves gens à l’époque, pour dire votre indignation devant les dessins qui répandent la haine et qui blessent les souvent une grande partie de la population ?

Et si d’aventure venez à l’esprit de quelqu’un de m’accuser d’avoir une sympathie quelconque pour les extrémistes de tout genre et en particulier musulmans, faites vos recherches et vous saurez que j’ai été touché personnellement et profondément par l’ignominie de ces derniers.

Cela m’amène justement au sujet suivant, la couverture médiatique des actes de terrorisme en général et de celui-ci en particulier.

Partons d’un premier constat : un mort est un mort, un blessé est un blessé, une famille en deuil est une famille en deuil – évident diriez-vous ? Non !

Le 2 mai 2014, à Odessa, donc à trois heures d’avion de Paris, les néonazis ont brûlé vifs une quarantaine de personnes, puis pris d’assaut le bâtiment syndical tuant ceux qui ont échappé aux flammes. La couverture médiatique de cet « évènement » n’a rien eu avoir avec celle de « Charlie-Hebdo ». Pourquoi ? S’agit-il de la différence entre la relative « notoriété » des personnes mortes du journal face à l’anonymat des victimes d’Odessa ? S’agit-il de la proximité linguistique, culturelle et géographique de la France ? S’agit-il d’un « pays amis » d’un côté et de « pays suspect » de l’autre ?

En fait – tout cela à la fois.

Il y a pour moi quelque chose de très indécent dans cette catharsis médiatique que vous nous servez, Mesdames et Messieurs les journalistes. Même face à la mort et à l’extrême violence vous êtes plus préoccupés par vous-mêmes et le système que vous avez créé que par le monde qui vous entoure. Le corporatisme de la douleur et de la mort est votre ultime degré d’autosuffisance et votre supériorité imaginaire. Dans cette douleur qui vous touche aujourd’hui d’un peu plus près que les nouvelles habituelles de la violence habituelle, vous vous fourvoyez au point que vous n’arrivez même pas à voir ce qui se passe là, devant vos yeux. Qui d’entre vous a dit avec la même force et le même talent que l’une des victimes de la tuerie du 6 janvier était Frédéric Boisseau, agent d’entretien – comme on les appelle pudiquement aujourd’hui. Il est la victime innocente. Il n’a pas insulté l’islam, il n’a pas profité de la protection policière. Il n’a pas les honneurs de toutes les premières pages de vos journaux et de vos émissions. Il était là. C’est sa seule faute. Et c’est une amie qui m’a fait connaître son existence, pas vos articles préoccupés par votre propre système.

Qui parle avec la même ferveur avec de ces policiers qui n’ont insulté personne, qui étaient là pour faire leur travail, certains peut-être étaient musulmans. Ils sont morts à cause de la haine suscitée par les uns contre les autres, dont vous vous érigez en défenseurs aujourd’hui.

C’est pourquoi et pour d’autres raisons encore que j’affirme :

Je ne suis pas Charlie.

Je suis la fillette de Gaza tuée par la bombe, tombée là « par erreur ».

Je suis le voyageur israélien qui n’a pris le bon bus ce jour-là.

Je suis la femme de Donbas qui est morte parce qu’elle est sortie un peu de nourriture pour son enfant.

Je suis la femme syrienne qui attendait sa ration de pain devant la boulangerie de sa ville.

Je suis la femme enceinte, le corps penché en arrière sur une table, avec un câble autour du cou dans la Maison des Syndicats à Odessa.

Je suis le garçon de douze ans, mort le jour de la rentrée scolaire du premier septembre 2004 à Beslan.

Marek Mogilewicz

Grâce à vous

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Voici le retour sur ce chemin qui mène vers un lointain plein de découvertes. Il est ici comme un symbole. Sur cette route une guitare, celle qui m’accompagne partout où il y a des êtres qui m’offrent un moment de leurs vies en écoutant mes chansons. Qu’ils soient ici remerciés.

Ce partage a pour moi un sens très profond. Vous m’avez offert votre présence et votre écoute en échange de quelques notes et quelques vers. Les fracas de ce Monde s’arrêtent quand ce partage a lieu. Il nous aide à vivre. Merci pour votre présence durant cette année écoulée. Nous trouverons nos chemins parsemés de musique et de poésie l’année prochaine.

Et la photo ?

Elle a été prise sur l’île Olkhone, Lac Baïkal, Russie. Où j’ai trouvé des êtres merveilleux qui m’ont ouvert leurs oreilles et leurs âmes.

Allez, bon voyage dans l’année 2015 !